Un grattement au-dessus du plafond, souvent la nuit, toujours au même endroit. Vous connaissez ce bruit. Petites griffes qui trottent, un couinement, parfois un roulement quand la bestiole pousse une noisette ou un bout d’isolant. Les combles, c’est le paradis des souris : chaud, sec, tranquille, plein de recoins. Et une fois qu’elles sont installées, elles ne partent pas d’elles-mêmes.
Je vais être direct. Deux souris en octobre, ça peut faire vingt en février. Elles se reproduisent vite, très vite. Alors autant s’y mettre tôt.
C’est d’ailleurs le genre de cas où un spécialiste des nuisibles fait la différence.
Repérer avant d’agir
Avant d’acheter quoi que ce soit, montez voir. Munissez-vous d’une lampe et regardez ce qui trahit leur présence. Les crottes d’abord : petites, noires, en forme de grain de riz, souvent regroupées le long des murs ou près de l’isolant. Une souris en produit des dizaines par jour, donc ça se remarque.
Cherchez aussi les traces grasses sur les poutres, là où elles passent toujours au même endroit. Un isolant fibreux tassé ou déchiqueté, des emballages rongés, une odeur d’urine un peu âcre dans un coin. Tout ça raconte une histoire.
Et surtout, trouvez par où elles entrent. C’est le point que la plupart des gens négligent. Une souris passe par un trou de la taille d’un stylo. Sérieusement. Une gouttière mal jointe, un passage de câble, une tuile décalée, un défaut sous la rive du toit. Tant que ce trou reste ouvert, vous pouvez piéger tant que vous voulez, d’autres reviendront.
Boucher les accès
C’est là que se joue 80 % du résultat. Faites le tour de la toiture et des combles, à l’intérieur comme à l’extérieur. Chaque fissure, chaque interstice autour d’une aération ou d’un conduit doit être traité.
Pour combler, oubliez la mousse expansive seule : les souris la rongent en une nuit. La laine d’acier (paille de fer) fonctionne bien, parce qu’elles n’aiment pas mâcher le métal. On la tasse dans le trou, puis on scelle par-dessus avec un enduit ou un mastic. Le grillage fin en métal fait l’affaire pour les ouvertures d’aération, qu’il ne faut jamais boucher complètement sous peine de condensation.
Un conseil que j’applique toujours : faites ce travail après avoir vérifié qu’aucune souris n’est piégée à l’intérieur. Sinon vous enfermez le problème avec vous.
Piéger, méthode qui marche vraiment
Les tapettes classiques restent les plus efficaces, et de loin. Pas glamour, mais redoutables. Appâtez-les avec du beurre de cacahuète plutôt qu’avec du fromage — le cliché du fromage, c’est du cinéma. Le beurre de cacahuète colle, la souris doit tirer dessus, elle déclenche le mécanisme.
Placez plusieurs pièges, pas un seul. Cinq ou six, le long des murs, perpendiculaires à la paroi, dans les zones où vous avez vu des crottes. Les souris longent les cloisons, elles s’aventurent rarement en plein milieu. Renouvelez chaque jour tant que ça mord.
Les pièges à glu, je les déconseille. C’est cruel, l’animal agonise, et franchement ça salit pour rien. Les pièges électroniques, eux, coûtent plus cher mais tuent net et se vident sans qu’on touche quoi que ce soit. Pour un comble difficile d’accès, ça peut valoir le coup.
Quant au poison, prudence. Une souris empoisonnée va souvent mourir dans une cloison, hors d’atteinte, et vous vous retrouvez avec une odeur de cadavre pendant deux semaines. Sans parler du risque pour un chat ou un enfant. Si vous y tenez, utilisez des postes d’appâtage sécurisés, jamais des grains en vrac.
Après la bataille, le ménage
Une fois les combles vides, nettoyez. Portez un masque, les déjections de rongeurs peuvent transmettre des maladies. Pulvérisez un désinfectant, laissez agir, ramassez sans balayer à sec pour ne pas disperser les poussières. L’isolant trop souillé se remplace ; ça a un coût, mais un isolant imbibé d’urine perd de son efficacité et garde l’odeur qui rappelle les copines.
Ensuite, découragez les visiteuses. Les combles doivent rester dégagés : pas de cartons stockés au sol, pas de vieux tissus, rien qui serve de nid. Certains jurent par les huiles essentielles de menthe poivrée sur des cotons. Honnêtement, ça repousse un peu, ça ne remplace jamais un trou bien bouché.
Quand appeler un pro
Si le grattement revient malgré tout, ou si vous entendez des bruits plus lourds — là on parle peut-être de rats, autre combat —, faites venir un dératiseur. Un comble entier infesté, avec charpente en jeu, ça dépasse le bricolage du dimanche. Un professionnel repère les accès qu’on ne voit pas et traite dans les règles.
Le vrai secret tient en une phrase : on ne se débarrasse pas des souris, on leur ferme la porte. Piégez celles qui sont là, colmatez tout, gardez l’endroit propre. Faites les trois, et le silence revient au-dessus de votre tête.